Recueillement virtuel

À vous, endeuillés d’hier et d’aujourd’hui,
À vous tous chers endeuillés,

Un petit mot pour vous qui vivez une période bien particulière marquée par les effets multiples du coronavirus, période durant laquelle nous avons vécu le temps du confinement. Temps d’isolement avec un sentiment de solitude pour beaucoup de personnes.

Ces derniers mois, les décès ont été nombreux et difficiles à vivre. Oui, vivre un deuil avec les normes imposées par la Covid-19 a été particulièrement douloureux. Ne pas pouvoir vivre une cérémonie habituelle, être entouré de manière restreinte a rendu le processus de deuil bien plus compliqué. Compassion particulière à vous, endeuillés de ces derniers mois.

Bien souvent, notre mémoire s’ouvre aux souvenirs de tous ceux qui ont quitté la terre. Nous pensons à nos proches qui ne sont plus là, à nos chers aimés dont la place reste vide. Nos cœurs s’étreignent alors d’émotion.

Nous vous proposons de nous arrêter un instant, de prendre un petit temps. Un temps pour se remémorer les moments forts, les joies, les peines, tout ce chemin parcouru et partagé avec nos absents de terre. Laissons-nous vivre un temps de souvenir en leur donnant leur juste place en nos cœurs pour mieux vivre notre présent. Le cœur, ce lieu où l’amour demeure toujours.

Pour vous, nous avons choisi quelques textes et musiques pour vivre ce temps du souvenir. Un temps rien que pour vous, pour vous faire du bien. Nous vous invitons à y entrer maintenant et nous espérons et souhaitons que ce moment soit pleinement bénéfique pour vous.

 

 

Nous espérons que vous ayez pu pleinement profiter de ce temps et nous vous souhaitons une année pleine de douceurs et de tendresse.

Bien à vous,

Le comité de l’AVSDS

 

 

Textes de la cérémonie du souvenir

Perdre quelqu’un qu’on aime, c’est perdre une partie de soi-même.
Bien sûr, ceux que nous aimons ne nous appartiennent pas, mais notre cœur leur appartient…
Celui que tu aimes fait partie de toi.
Le perdre, c’est souffrir dans ton corps.
Cette blessure en toi est aussi tangible que le vide que tu ressens autour de toi.
Tu te demandes si tu auras la force de marcher dans un monde où la personne aimée ne laissera plus jamais ses empreintes.
Tu te demandes comment la Terre peut continuer de tourner alors que ton univers s’est arrêté.
Tu parles en silence le langage des larmes et ton cœur s’efforce de comprendre ce que personne ne peut comprendre.
Les pensées spirituelles, les convictions religieuses, la philosophie sont impuissantes à guérir tes blessures.
Mais le pouvoir de l’Amour te réconfortera.
Tu trouveras l’Amour dans le cœur de ceux qui t’entourent et qui se préoccupent de toi.
Ceux qui ont traversé le pays des larmes où tu te perds aujourd’hui te montreront le chemin.
Le soleil se lèvera chaque jour et, chaque nuit, la lune et les étoiles brilleront dans le ciel.
Tu entameras le rituel sacré du souvenir.
Le chagrin deviendra ton compagnon de route…
Il nourrira cette partie de toi qui sait ce que signifient compassion, force et profondeur.
Ton chagrin te donnera le courage d’affronter les défis les plus exigeants de la vie…
De savoir accepter ce que donne la vie et ce que la vie reprend…
De savoir accepter les mystères qui font partie intégrante de la vie.
Un beau jour, la paix reviendra.
Peut-être la paix reviendra-t-elle dans un timide rayon de soleil
A travers la fenêtre close.
Peut-être la paix reviendra-t-elle dans le chant d’un oiseau.
Avec le temps, le voile du chagrin se lèvera.
La paix reviendra dans ton cœur… et tu sauras que l’Amour partagé est un don du ciel qui ne meurt jamais.
Tu sauras que l’Amour partagé est la plus précieuse et la plus sacrée de nos richesses en ce monde.
Cet Amour est éternel.

Suzan Squellati Florence

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L’absent

Qu’elle est lourde à porter l’absence de l’ami,
l’ami qui tous les soirs venait à cette table
et qui ne viendra plus. La mort est misérable
qui poignarde le cœur et qui te déconstruit.

Il avait dit un jour : « Lorsque je partirai
pour les lointains pays au-delà de la terre,
vous ne pleurerez pas, vous lèverez vos verres
et boirez pour moi à mon éternité. »

La vie de chaque jour aux minuscules joies
veut remplir à tout prix le vide de l’absence
mais elle ne pourra pas, avec ses manigances,
me prendre mon ami pour la seconde fois.

Louis Amade

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Mon ami ouvrit le tiroir de la commode de son épouse et en sortit un petit paquet enveloppé de papier de soie : « Ce n’est pas un simple paquet, c’est de la lingerie », dit-il. Il jeta le papier et observa la soie et la dentelle. « J’ai acheté cela la première fois que nous sommes allés à New-York, il y a huit ou neuf ans. Elle ne l’a jamais utilisé. Elle voulait le conserver pour une occasion spéciale. Eh bien… je crois que c’est le bon moment justement. » Il s’approcha du lit et ajouta le vêtement à d’autres choses que les pompes funèbres allaient emporter. Sa femme venait de mourir. En se tournant vers moi, il me dit : « Ne garde rien pour une occasion spéciale, chaque jour que tu vis est une occasion spéciale. »

Je pense toujours à ces paroles. Elles ont changé ma vie. Aujourd’hui, je lis beaucoup plus qu’avant et je nettoie moins. Je m’assieds sur la terrasse et admire le paysage sans prêter attention aux mauvaises herbes du jardin. Je passe plus de temps avec ma famille et mes amis et moins de temps au travail. J’ai compris que la vie est un ensemble d’expériences à apprécier.

Désormais, je ne conserve rien. J’utilise mes verres en cristal tous les jours. Je mets ma nouvelle veste pour aller au supermarché si l’envie me prend. Je ne garde plus mon meilleur parfum pour les jours de fête, je l’utilise dès que j’en ai envie. Les phrases du type « un jour » et « un de ces jours… » sont bannies de mon vocabulaire. Si ça en vaut la peine, je veux voir, entendre et faire les choses maintenant !

Auteur inconnu

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Les yeux

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
des yeux sans nombre ont vu l’aurore ;
ils dorment au fond des tombeaux,
et le soleil se lève encore.

Les nuits, plus douces que les jours,
ont enchanté des yeux sans nombre ;
les étoiles brillent toujours
et les yeux se sont remplis d’ombre.

Oh ! qu’ils aient perdu le regard,
non, non, cela n’est pas possible !
Ils se sont tournés quelque part
vers ce qu’on nomme l’Invisible.

Et comme les astres penchants
nous quittent, mais au ciel demeurent,
les prunelles ont leurs couchants,
mais il n’est pas vrai qu’elles meurent.

Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux,
ouverts à quelque immense aurore,
de l’autre côté des tombeaux
les yeux qu’on ferme voient encore.

Sully Prudhomme

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Si vous vous accrochez à la nature,
à ce qu’il y a de simple en elle, de petit,
à quoi presque personne ne prend garde,
qui, tout à coup, devient l’infiniment grand,
l’incommensurable,
si vous étendez votre amour à tout ce qui est,
si très humblement vous cherchez à gagner en serviteur
la confiance de ce qui semble misérable,
alors tout vous deviendra plus facile,
vous semblera plus harmonieux
et, pour ainsi dire, plus conciliant.

Rainer Maria Rilke

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Il y a des difficultés qui sont des descentes au fond de la mine.
Quand on ressort, c’est tout noir, on est ébloui par le soleil et
on découvre des pépites plein les poches.

Il y a des difficultés qui sont des chutes interminables.
En tombant, les ailes se déploient enfin et
on se retrouve beaucoup plus haut.

Eric d’Antimo

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En automne, je récoltais toutes mes peines
et les enterrais dans mon jardin.
Lorsqu’avril refleurit et que la terre et le printemps célébrèrent leurs noces,
mon jardin fut jonché de fleurs splendides et exceptionnelles.
Mes voisins vinrent les admirer et chacun me dit :
« Quand reviendra l’automne, la saison des semailles,
nous donneras-tu des graines de ces fleurs
afin que nous puissions les planter dans nos jardins ? »

Khalil Gibran

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Quand nous ne savons plus faire un seul pas, la vie, elle, sait comment poursuivre. Là où nous désespérons de toute issue, elle en propose des dizaines. Il suffit de garder confiance. Il suffit d’aller jusqu’à ce point en nous, si ténu que le désespoir ne peut s’en saisir, comme il fait du reste.

Christian Bobin

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En nous, il y a à la fois la blessure de l’absence et le mystère de la présence. Il y a le jamais plus de la séparation et le toujours de l’affection. Il y a la dureté de la rupture et la douceur de la reconnaissance.

Francine Carrillo

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Garder l’espoir…

Il y a tout au long de l’obscurité du deuil une toute petite flamme qui vacille au fond de nous. Elle vacille certes, mais ne s’éteint pas. Elle est là pour nous rappeler qu’au-delà de tous les pourquoi, de toutes les peines, de toutes les détresses, de tous les moments de découragement… il y a la vie, la vie qui continue pour nous et une sorte de certitude que l’énergie de Vie de l’être aimé qui nous a quitté ne peut être réduite à néant. Elle continue sous d’autres formes à nous habiter, nous qui lui survivons.

Cette flamme vacillante nous rappelle que l’amour est toujours plus fort que la mort !

Auteur inconnu

 

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Et un sourire

La nuit n’est jamais complète
il y a toujours puisque je le dis,
puisque je l’affirme,
au bout du chagrin, une fenêtre ouverte
une fenêtre éclairée.

Il y a toujours un rêve qui veille
désir à combler, faim à satisfaire,
un cœur généreux,
une main tendue, une main ouverte,
des yeux attentifs,
une vie, la vie à se partager.

Paul Eluard

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Je nous souhaite d’aimer.
Je nous souhaite la folie de croire que le monde peut être transformé,
c’est-à-dire plus juste et plus fraternel.

Mais c’est en nous
que la flamme doit être ranimée.
Osons !

Je nous souhaite la vigilance
au milieu de la nuit
et la force de rêver.

Et si la clarté des étoiles
nous paraît encore lointaine,
je demande la force du souffle
qui conduit le coureur épuisé
à transmettre à d’autres le flambeau.

Peu importe si, parfois,
le genou fléchit et le cœur se serre.
Le feu est dans le ciel noir
où nous ranimerons notre vaillance.
Le feu est en chacun de nous
comme un miroir
où nous nous reconnaissons
homme parmi les hommes.

Jean Ristat

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Je crois

Je crois au soleil même quand il ne brille pas,
Je crois aux étoiles même quand elles ne scintillent pas,
Je crois à l’amour même quand je ne le sens pas,
Je crois au retour de là où l’on ne revient pas,
Je crois en toi.

Je crois au matin quand la nuit se fait trop noire,
Je crois au chemin qui fait renaître l’espoir,
Je crois au pardon même lorsque la haine est là,
Je crois sans raison quand la raison n’y croit pas,
Je crois en toi.

Je crois au printemps dans les délires de l’hiver,
Je crois aux enfants pour l’avenir de la terre,
Je crois et je prie quand tout sombre autour de moi,
Je crois à la vie même lorsque la vie s’en va.

Je crois à la vie,
Je crois en toi,
Je crois en toi l’Amour.

Auteur inconnu

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Nous espérons que vous ayez pu pleinement profiter de ce temps et nous vous souhaitons un Noël illuminé d’étoiles pleines de douceur et de tendresse.

À vous, pour cette année 2021, des vœux pleins d’espérance et de vie !

Bien à vous,

Le comité de l’AVSDS

Sources audios

Sources musicales de l’enregistrement audio, par ordre de passage

  1. « La Quête », interprète : Maurane, auteurs-compositeur s: Joe Darion et Mitch Leigh, tiré de l’album « Brel », 2018
  2. « Spirit Bird », interprète : Xavier Rudd, auteur-compositeur : Xavier Rudd, tiré de l’album « Spirit Bird », 2012
  3. « Kizuna 1 », compositeur : Joe Hisaishi, musique du film « Departures », 2008
  4. « These Memories », interprète : Hollow Coves, auteurs-compositeurs : Ryan Henderson et Matt Carins, tiré de l’album « Wanderlust”, 2017
  5. « Salut d’Amour », interprètes : Sol Gabetta & Danish National Symphony Orchestra, compositeur : Sir Edward Elgar, tiré de l’album « Sol Gabetta Cello Concerto », 2010
  6. « Tango to Evora », interprète : Loreena McKennitt, auteur-compositeur : Loreena McKennitt, tire de l’album « The Visit », 1991
  7. « Okuribito », compositeur : Joe Hisaishi, musique du film « Departures », 2008
  8. « Les petits pieds de Léa », interprète : Céline Dion, auteur-compositeur : Sophie Vaillancourt, tiré de l’album « Sans attendre », 2012
  9. « Gabriel’s Oboe », interprètes : Yo-Yo Ma & Roma Sinfonietta, compositeur : Ennio Morricone, tiré de l’album « The Essential Yo-Yo Ma », 2004
  10. « In Paradisum », extrait du « Requiem », interprètes : Maîtrise St-Pierre aux Liens de Bulle & Bern Symphony Orchestra, tiré de l’album « Fauré : Requiem, Messe Basse », 1984
  11. « All I want », interprète : Kodaline, auteurs-compositeurs : Steve Garrigan et Mark Prendergrast, tire de l’album « In a Perfect World », 2013
  12. « Hogwarts’Hymn », compositeur : Patrick Doyle, musique du film « Harry Potter and The Goblet Of Fire”, 2005

 

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